Les bibliotheques et la legitimation de l'experience numerique pour la jeunesse 

Youtube, Snapchat, Tiktok? Etes-vous au fait sur tous ces sites pour la jeunesse ? 

Pour un parent inexpérimenté, qui ne se rend pas compte qu’il y a besoin d’une éducation au numérique, comment distinguer les livres applicatifs pour la jeunesse disponible sur le Play Store des applications contestées telles que YouTube Kids ?

Pour nombre de parents, c’est impossible ; les livres interactifs et applications numériques ne sont que très rarement différenciées.

Plusieurs pure players ont insisté sur le fait que leurs applications sont littéraires, riches et adaptées à l’usage en classe, pourtant le public ne l’entend pas de cette oreille.

C’est pourquoi des médiateurs sont nécessaires et en cette qualité, les bibliothécaires représentent les acteurs idéaux pour guider la jeunesse dans les innovations technologiques et numériques des prochaines années. Pour démocratiser les œuvres numériques, il est nécessaire que les bibliothèques en fassent la promotion en les intégrant à leurs catalogues et qu’elles les proposent lors d’ateliers.

Ces ateliers sont l’occasion pour les bibliothécaires de présenter la richesse de l’offre culturelle à la jeunesse, aux parents et aux enfants. Dans la bibliothèque où je travaille, ces applications numériques servent deux buts : elles sont soit employées pour valoriser les collections de livres physiques, soit mises à profit afin d’apprendre aux enfants à utiliser les objets tactiles en respectant des règles et en focalisant leur attention sur le contenu de ces œuvres.

 

Soulignons, néanmoins, que des inégalités existent entre les structures.

 

Pour le moment, seules les structures qui ont assez de moyens financiers nous offrent un aperçu des nouvelles missions dont pourraient être investies les bibliothécaires à l’ère numérique. Si certaines structures en France sont touchées par des difficultés budgétaires, en Grande-Bretagne, la fracture numérique est flagrante et l’accès au numérique pour la jeunesse est réduit aux ordinateurs dans bien des bibliothèques. Le problème est tel que le gouvernement britannique a lancé, en 2016, une opération de modernisation numérique visant à équiper les bibliothèques publiques du pays avant 2022.

 

Ce que laisse aussi entendre l’incapacité des structures à s’équiper numériquement, c’est que des adultes sont encore aujourd’hui en difficulté face au numérique.

 

D’une manière générale, quelques années après le développement des premières œuvres dématérialisées, la crainte des parents envers les écrans a augmenté et leur appétence pour les œuvres interactives, elle, a diminué. Comme l’exprimait déjà Claire Bélisle en 2004, « la demande pour ce type de dispositif n’est pas très visible » et en face, « le livre papier représente toujours un optimum de confort visuel et d’accessibilité ».

 

En y regardant de plus près, on constate que les caractéristiques qui faisaient autrefois le charme de ces productions sont celles qui représentent désormais les grands problèmes du livre numérique.